Au moment où tu liras ce message, je serai dans le hall d’une école publique à attendre mon fils de 12 ans, Alessio. Cela fait six ans que nous pratiquons l’instruction à la maison et, chaque mi-juin, nous nous rendons dans son ancienne école afin qu’il y passe les examens.
En tant qu’homeschoolers en Italie, une autre possibilité existe : des établissements privés organisent des examens anti-conformistes où l’enfant parle de son parcours, présente une thèse et répond à quelques questions. Cela dure une bonne heure, contrairement à la version classique qui prendra deux matinées complètes à Alessio.
Ce genre de solution est tentant pour quelqu’un comme moi au profil très anarchique. Cependant, je lui ai toujours maintenu un pied dans le système, au cas où, et j’ai bien fait : Alessio réintégrera l’école d’ici un an car nous avons choisi une orientation technique pour les supérieures.
Je viens donc de terminer une année scolaire. Comme chaque année, c’est aussi le moment où je fais le point sur mon rôle d’enseignante auprès de mon fils. J’ai tellement évolué ces dernières années, sur tous les plans, que ces réflexions sont essentielles.
Déjà, toutes mes attentes à son sujet sont tombées. Il n’y a plus de projections sur sa vie. Il a la sienne et j’ai la mienne. Ensuite, les peurs sont tombées aussi. Nous, les parents, cherchons constamment à baliser le chemin de nos enfants de sorte à leur éviter le plus d’obstacles possibles. Nous pensons savoir mieux qu’eux ce qui les attend, alors que la vie a toujours été un mystère pour nous aussi.
Mon rôle de maman-enseignante aujourd’hui est bien différent. Le vrai jeu à ce stade est la découverte. Qui est Alessio concrètement ? Quelles sont ses forces et ses défis ? Où s’est-il créé des limitations ? Quels sont les mythes auxquels il croit ? Qu’est-ce qui le fait sourire, aimer et vibrer ?
Aujourd’hui, la route que je balise part de lui et de ce qu’il est réellement, pas des modes éducatives ni des influences globales qui soufflent sur la planète en ce moment. Plus que tout, je m’assure qu’il se connaisse et qu’il soit connecté avec ses élans intérieurs.
Est-ce que je lui parle du Vedanta ? À demi-mots. Les enfants doivent d’abord construire leur personnalité et leur rapport au monde. Ce n’est pas le moment de leur dire qu’ils ne sont ni ce corps ni cet esprit. Si l’enseignement doit arriver, il arrivera. Je ne mets pas la charrue avant les boeufs.
Par contre, ce que je lui transmets, ce sont les règles du jeu : Isvara, le karma, le dharma et l’importance de faire ce pour quoi il est fait. Ce qu’enseignait déjà Krishna à Arjuna dans la célèbre Bhagavad Gita. Rien de neuf sous le soleil mais d’une (très) grande importance.
Pourquoi je te parle de tout ça ? Parce que la réalisation ne nous retire pas du monde. Elle nous permet simplement de le voir plus clairement. Continuer à élever un enfant, prendre des décisions, préparer l’avenir ou gérer les défis du quotidien n’est pas un échec spirituel. C’est précisément là que se joue la vie.
Et c’est ce qui manque chez certains chercheurs spirituels : une approche logique et pratique de la réalité pour en comprendre les fondements.
Mon cours sur le libre arbitre, par exemple, fut une opportunité pour certains de se transformer en grands penseurs philosophiques et métaphysiques. Plutôt que d’observer leur existence concrètement, ils ont considéré le libre arbitre comme un concept, de la matière à penser ad infinitum et l’ont maintenu dans un débat existentiel.
Une masturbation de neurones pour les uns, une occasion de briller pour les autres. Bref, une occasion manquée.
Ce n’est pas la façon dont le Vedanta fonctionne ni le mécanisme qui délivrera enfin. La libération passe certes par la logique et la réflexion, mais cela doit toujours être relié au vivant, au concret et à l’expérience.
Si tu es quelqu’un de terre à terre qui souhaite avancer solidement, alors le Vedanta est fait pour toi. Tu peux nous rejoindre à tout moment ici https://vedantafrancais.com/sangha-vedanta/

