7 repères pour comprendre la non-dualité

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Faut-il vivre une expérience extraordinaire pour comprendre la non-dualité ? Ces sept repères rappellent la place du moyen de connaissance, de l’enseignant et du raisonnement. Ils se lisent comme des points d’orientation pour l’étude, plutôt que comme les étapes d’un parcours automatique.

Le texte ci-dessous reprend la version française publiée sur ce blog d’un post Facebook de James Swartz. Les précisions de l’école qui suivent sont des ajouts éditoriaux distincts ; elles ne sont pas des citations de James.

Sept repères proposés par James Swartz

1. Acquérir la confiance naturelle pour exprimer le fait « Je suis la conscience ordinaire immortelle non-duelle et non le corps » ne dépend pas d’épiphanies non-duelles spectaculaires. Un examen attentif des expériences ordinaires du quotidien suffit. Si tu ne sais pas que tu es la conscience non-duelle ordinaire et que tu veux être heureux, tu as besoin de la connaissance de Soi.

2. Toute connaissance nécessite un moyen pour se produire ; elle ne surgit pas d’elle-même. Le Vedanta est un moyen éprouvé de connaissance de Soi, utilisé depuis des milliers d’années. Il n’enseigne pas des connaissances mondaines, mais une connaissance qui rend l’existence joyeuse.

3. Tout comme nous faisons confiance à nos yeux malgré l’apparence illusoire des choses, nous devons faire confiance au Vedanta malgré l’apparente séparation entre les expériences ordinaires et l’entité qui les vit : moi-même. Le Vedanta enseigne que la réalité est l’existence non-duelle, brillant sous forme de conscience ordinaire, moi-même.

4. Le silence, que ce soit en présence d’un maître comme Ramana ou dans la méditation, n’est pas un moyen de connaissance. L’ignorance de ma véritable nature en tant que conscience ordinaire ne disparaît pas par la seule présence du silence. Le silence, un autre nom de la Conscience, est présent aussi bien quand il y a du bruit physique et mental que lorsqu’il n’y en a pas.

5. Un enseignant est nécessaire pour que le Vedanta fonctionne, mais respecter un enseignant du Vedanta ne signifie pas accepter aveuglément ses paroles ni l’enseignement sans une enquête rigoureuse. Les enseignants du Vedanta respectent les doutes et apportent des réponses rationnelles.

6. Ne renonce pas à ton intellect au nom de la dévotion envers ton enseignant ou face à des expériences qui semblent contredire l’enseignement. Le Vedanta est contre-intuitif, car il enseigne la non-dualité, qui est pourtant la réalité de chacun. Nous sommes tous nés ignorants du Soi total et complet.

7. Dieu a créé l’intellect pour que nous puissions comprendre la non-dualité. Rejeter l’intellect sous prétexte que la dualité est « fausse » n’est pas intelligent. Une fois que tu as compris la relation entre la dualité et la non-dualité, tu as besoin de l’intellect pour naviguer à travers l’océan d’illusions auquel ton moi apparent est confronté de la naissance à la mort. Parfois, il est approprié de penser en termes de dualité, parfois en termes de non-dualité. À d’autres moments, l’intellect peut simplement se dissoudre en Cela.

James Swartz — publication Facebook, version française publiée sur ce blog.

Précisions de l’école

L’expérience quotidienne et le moyen de connaissance. Examiner les expériences ordinaires ne signifie pas qu’une observation personnelle suffit toujours à résoudre l’ignorance du Soi. Le Vedanta est un pramana, un moyen de connaissance : un enseignant qualifié déploie méthodiquement le sens des textes et répond aux doutes. L’examen du vécu prend son sens dans ce cadre.

La confiance laisse une place aux questions. Elle permet d’écouter l’enseignement assez attentivement pour le comprendre, plutôt que de le rejeter avant de l’avoir examiné. Elle n’exige pas d’abandonner son discernement, et ne donne pas à l’enseignant une autorité sur toutes les décisions de l’étudiant.

Le silence n’est pas un état à obtenir pour devenir le Soi. Dans ce texte, l’expression « silence » employée pour désigner la conscience a une portée pédagogique. La conscience n’est pas l’absence de sons ou de pensées. Un moment de calme peut favoriser l’attention ; il ne remplace pas la connaissance.

L’intellect reste un instrument utile. La formule « se dissoudre en Cela » ne doit pas être comprise comme l’exigence de détruire la pensée ou de rester absorbé. La connaissance du Soi n’abolit pas le fonctionnement de l’intellect, nécessaire pour comprendre une explication, prendre une décision et répondre aux situations.

La non-dualité n’annule pas la vie relative. Le corps, les relations et le monde ont une réalité dépendante, appelée mithya ; ils ne sont pas inexistants. Les responsabilités et le dharma, l’ordre éthique, gardent leur place. Comprendre le Soi ne demande ni indifférence ni retrait des relations humaines.

Si ces repères soulèvent des questions, elles peuvent devenir le point de départ d’une étude suivie. Tu peux découvrir le cadre de la Sangha Vedanta.


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