Lorsque j’ai commencé à étudier le Vedanta traditionnel, il y avait une chose qui m’intriguait. Avant chaque enseignement, James Swartz récitait toujours le même chant. Toujours.
Je trouvais ça « Ok, mais non merci». Les traditions, ça n’a jamais été mon truc. Je n’ai pas eu une éducation religieuse. La première fois que je me suis trouvée dans une église, je devais avoir 16 ou 17 ans, j’ai été très impressionnée. J’y ai vu des gens, adultes, qui répétaient des phrases et des Amen tous en coeur… comme des moutons de Panurge, j’ai pensé ! J’avais eu l’impression d’une secte, c’était un peu effrayant.
Quand je me suis ouverte à la spiritualité, pareil, je n’ai jamais adhéré aux diverses fantaisies qu’on y trouve. Que ce soient des objets fétiches, des statues, des autels, des mantras, des postures quand je méditais, une façon de faire, de dire, de parler, etc… ça a toujours été « Ok, mais non merci ».
Je n’ai jamais fait les choses « parce que tout le monde fait comme ça » ou « parce qu’on a toujours fait comme ça ». Au contraire, j’ai toujours nagé à contre-courant dans tous les domaines de mon existence. Mais, lorsqu’il s’agit du Vedanta, c’est une autre histoire. Là, je deviens curieuse car, honnêtement, il est pour moi l’enseignement le plus fabuleux et le plus intelligent de la planète.
Après avoir passé plusieurs jours chez James le mois passé et l’avoir vu réciter son chant systématiquement avant chaque satsang, c’est-à-dire quatre fois par jour, j’ai finalement décidé d’enquêter sur ces quelques vers…
Est-ce une prière ? Une habitude indienne ? Un rituel religieux ?
En réalité… rien de tout cela.
C’est une invocation qui annonce la profondeur de l’enseignement. Elle ne cherche pas à obtenir une faveur divine mais nous rappelle simplement quelque chose d’essentiel : le Vedanta n’est pas la philosophie d’un homme, ce n’est pas une méthode inventée récemment et ce n’est pas non plus une théorie spirituelle que chacun adapte à sa sauce.
Le Vedanta appartient à une tradition de transmission, appelée sampradāya, grâce à laquelle cette connaissance est parvenue jusqu’à nous depuis des siècles. En quelques vers seulement, cette invocation rend hommage à la lignée des enseignants, rappelle le rôle du Guru et nous invite à aborder le cours avec humilité, gratitude et disponibilité.
Elle replace l’enseignement à sa juste place : nous ne sommes pas réunis pour écouter une opinion, mais pour recevoir un moyen de connaissance destiné à révéler ce qui est déjà vrai.
Je trouve cette idée magnifique. Alors j’ai eu envie de rendre cette invocation accessible en français. J’ai créé une page qui reprend le texte, sa traduction, son explication détaillée… ainsi qu’un enregistrement audio permettant de l’apprendre tranquillement si ça te tente.
J’espère qu’elle te donnera autant de plaisir à découvrir que j’en ai eu à la préparer.
👉Découvrir l’invocation traditionnelle du Vedanta
(si tu fais partie de la Sangha, tu peux aussi télécharger le texte et l’audio depuis ton espace membre)
👉 Et si un jour tu souhaites vivre cet enseignement semaine après semaine, dans cet esprit de transmission, tu seras évidemment le bienvenu dans la Sangha.
Note en passant : je ne chante toujours pas cette invocation avant mes satsangs dans la sangha comme le veut la tradition. Je me suis sincèrement demandé pourquoi… mes années rebelles étant derrière moi ! En fait, il s’agit de mon cerveau ultra logique et terriblement terre à terre. J’ai besoin de comprendre le sens d’une chose avant de l’adopter. Faire quelque chose « parce que c’est la tradition » ne m’a jamais convaincue.
Maintenant que j’en comprends la portée, qui sait… peut-être qu’un jour je me mettrai à chanter ? Incha’Allah ! (rires)

