Qui mène ta vie ?

Qui mène ta vie ?

Imagine un chariot lancé sur une route.

Les chevaux galopent, attirés par tout ce qui passe à leur portée. L’un aperçoit quelque chose à manger et tire vers la droite. Un autre entend un bruit et part à gauche. Un troisième décide soudain que courir plus vite est une excellente idée, sans avoir consulté personne – ce qui, reconnaissons-le, ressemble beaucoup à notre mental devant une pâtisserie, une notification ou une contrariété.

Si personne ne maîtrise l’attelage, le voyage risque d’être mouvementé.

Dans la Katha Upanishad, Yama, le dieu de la mort, utilise cette analogie pour expliquer à Nachiketa le fonctionnement de l’être humain.

Le corps est le chariot. Les cinq sens sont les chevaux. Les objets des sens – ce que nous voyons, entendons, touchons, goûtons et sentons – sont les routes qu’ils parcourent. Le mental est représenté par les rênes, tandis que l’intellect, notre capacité à comprendre, discerner et décider, est le cocher.

Et le passager ?

C’est le Soi.

Cette image est extraordinairement précise. Nos sens sont naturellement attirés par le monde extérieur. Les yeux veulent voir, les oreilles veulent entendre, la langue veut goûter. Ils ne sont ni bons ni mauvais : ils remplissent simplement leur fonction. Un cheval n’est pas coupable d’être attiré par l’herbe qui pousse au bord du chemin.

Mais si le cocher est inattentif, si les rênes sont trop lâches ou si les chevaux n’ont jamais été éduqués, ce sont eux qui décident de la direction.

C’est exactement ce qui se produit lorsque nous vivons uniquement en fonction de nos attirances et de nos répulsions. Je veux ceci. Je refuse cela. Cette personne me plaît, celle-là m’insupporte. Cette expérience me procure du plaisir, je veux la reproduire. Celle-ci me dérange, je veux l’éviter à tout prix.

Nous croyons alors être libres parce que nous faisons « ce que nous voulons ». Mais si chacune de nos décisions est dictée par une impulsion, une peur, une blessure ou un besoin de gratification immédiate, ce n’est pas de la liberté.

Ce sont les chevaux qui conduisent le chariot.

L’Upanishad explique que lorsque l’intellect manque de discernement et que le mental n’est pas maîtrisé, les sens deviennent semblables à des chevaux indisciplinés. Le voyageur tourne en rond sur les routes du samsara, poursuivant encore et encore les mêmes objets dans l’espoir d’y trouver enfin une satisfaction durable.

À l’inverse, lorsque l’intellect comprend clairement la destination, que le mental tient fermement les rênes et que les sens ont été éduqués, le chariot peut avancer dans la bonne direction.

Voilà pourquoi le Vedanta accorde tant d’importance à la préparation du mental. Il ne s’agit pas de maltraiter les chevaux, de casser le chariot ou de fermer toutes les routes. La spiritualité n’est pas une guerre contre le corps, les sens ou le monde.

Il s’agit de remettre chaque élément à sa juste place.

Les sens perçoivent. Le mental recueille les impressions et les émotions. L’intellect examine, comprend et choisit. Le corps agit. Tout cet équipement est nécessaire pour voyager dans le monde. Mais aucun de ces éléments n’est le passager.

Tu n’es ni le chariot, ni les chevaux, ni les rênes, ni même le cocher.

Tu es le Soi, la conscience immuable grâce à laquelle le corps, les sensations, les pensées et les décisions sont connus.

Et c’est là que l’analogie va beaucoup plus loin qu’un simple conseil de développement personnel. Le but n’est pas seulement de devenir un meilleur conducteur, plus calme, plus raisonnable et moins susceptible de terminer dans le fossé à chaque contrariété.

Le véritable but est de découvrir l’identité du passager.

Tant que tu te prends pour l’un des éléments du chariot, tu es ballotté par le voyage. Lorsque tu comprends que tu es la conscience dans laquelle le voyage tout entier apparaît, la route peut continuer, les chevaux peuvent parfois s’agiter et le chariot peut même grincer un peu…

Mais tu sais enfin qui tu es.

Si tu souhaites découvrir cet enseignement traditionnel et apprendre à reconnaître, étape après étape, ce qui en toi change et ce qui ne change jamais, tu peux rejoindre la Sangha lorsque le moment sera juste pour toi.

https://vedantafrancais.com/sangha-vedanta/


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