Suis-je devenue traditionaliste ?

Suis-je devenue traditionaliste ?

Suite à ma newsletter de la semaine dernière sur le chant d’invocation du Vedanta, un membre de ma Sangha m’a fait cette remarque : « Il me semble que tu es de plus en plus traditionaliste ? Moi, j’aime ça ! » Cela m’a fait rire… puis réfléchir.

Est-ce le cas effectivement ? Moi, l’ancienne athée cartésienne, allergique aux rituels, aux croyances et à tout ce qu’on fait simplement « parce qu’on a toujours fait comme ça » ? Vu de l’extérieur, on pourrait le croire : avant chacun de mes satsangs, j’allume une bougie devant les portraits de mes gurus. Et je prends quelques secondes pour me recueillir et ressentir toute la gratitude que j’ai pour cet enseignement et pour ceux qui me l’ont transmis. 

Finalement, à part le chant d’invocation que je ne récite pas — encore ? — tout y est ! Les portraits, la bougie, la gratitude… À ce rythme-là, dans six mois, je donne mes satsangs en sari au milieu d’un nuage d’encens. (Je plaisante. Normalement.) 

Mais… si ces gestes ont pris une place naturelle dans ma manière d’enseigner, ce n’est pas parce que je serais soudain devenue attachée aux traditions ou fascinée par les rituels. C’est simplement parce que j’en comprends profondément le sens. Et comme tu le sais probablement si tu me lis depuis un moment, lorsqu’une chose a du sens, je peux m’y engager entièrement. Lorsqu’elle n’en a pas, tu peux toujours courir pour me la faire faire au nom de la tradition.

Prenons les portraits de mes gurus. 

En Occident, le mot « gourou » a pris une drôle de tournure. Il évoque souvent un personnage charismatique entouré de disciples dévoués, persuadé d’avoir reçu une mission divine exceptionnelle et généralement ravi de recevoir ton argent au passage (voire plus si affinités).

Dans la tradition du Vedanta, le guru est tout autre chose. En sanskrit, le mot guru signifie d’abord « lourd », « de poids », et par extension « vénérable ». La tradition lui donne aussi une magnifique signification symbolique : gu représente l’obscurité de l’ignorance et ru, ce qui la dissipe.

Le guru est donc celui qui dissipe l’ignorance par la connaissance.

Il n’est pas là pour te transmettre son expérience personnelle, te convaincre de croire ce qu’il croit ou te rendre dépendant de sa merveilleuse présence. Il utilise un moyen de connaissance précis, le Vedanta, afin de t’aider à reconnaître ce qui est déjà vrai mais que l’ignorance t’empêche de voir.

C’est une fonction pédagogique.

Voilà pourquoi les portraits d’Adi Shankara, de Swami Dayananda et de James Swartz se trouvent sur mon bureau lorsque j’enseigne. Ils ne sont pas là pour nourrir un culte de la personnalité ni parce que j’aurais besoin d’un petit comité de sages indiens pour surveiller mes satsangs. 

Ils sont là pour me rappeler que cette connaissance ne m’appartient pas. Je n’ai pas inventé le Vedanta. Je n’ai pas développé ma propre philosophie et je ne cherche pas à construire une méthode spirituelle « révolutionnaire » portant mon nom avec trois niveaux de certification et une formule Premium.

J’ai reçu cet enseignement à travers une lignée de transmission appelée paramparā. Chaque enseignant l’a lui-même reçu d’un maître avant de le transmettre à son tour, en respectant une méthode destinée à en préserver toute la précision. Mon rôle consiste simplement à poursuivre cette transmission : rendre cette connaissance accessible en français, avec mes mots, mon humour, ma pédagogie et ma manière de l’ancrer dans la vie réelle, sans en modifier le sens.

Et puis, il y a la bougie.

Là encore, je ne l’allume pas pour purifier énergétiquement la pièce, attirer de bonnes vibrations ou m’assurer qu’Isvara capte correctement la connexion Zoom. La flamme représente pour moi le feu de la connaissance qui brûle l’ignorance. 

C’est exactement ce que fait le Vedanta. Il n’ajoute pas une nouvelle croyance ni une expérience spirituelle supplémentaire à notre collection. Il détruit progressivement les idées erronées que nous entretenons sur nous-mêmes, sur le monde et sur Dieu.

La connaissance ne crée pas la liberté. Elle révèle que nous avons toujours été libres.

Alors, suis-je devenue plus traditionaliste ?

Oui… probablement. Mais pas parce que j’aurais décidé de me conformer à des coutumes que je ne comprends pas. Je le suis devenue parce que je reconnais désormais la valeur de ce que cette tradition protège et transmet depuis des siècles.

Je ne chante peut-être pas encore l’invocation avant mes satsangs, mais son essence est bien là : me rappeler ce que nous sommes, ce que fait réellement le Vedanta et l’immense lignée d’enseignants grâce à laquelle cette connaissance est arrivée jusqu’à nous.

Et, honnêtement, plus je comprends cette tradition, plus je la trouve intelligente et magnifique.

J’ai donc créé une nouvelle page sur mon site consacrée à cette lignée de transmission. Tu y découvriras plus précisément Adi Shankara, Swami Dayananda Saraswati et James Swartz, les trois maîtres qui occupent aujourd’hui une place centrale dans mon parcours.

J’y ai également mis gratuitement à ta disposition leur trois portraits en haute résolution, au format PDF. Si tu souhaites toi aussi les imprimer et garder près de toi ce rappel silencieux de la tradition, tu peux les télécharger directement sur cette page.

👉 Découvrir ma lignée de transmission du Vedanta

👉 Et si un jour tu souhaites étudier le Vedanta semaine après semaine, dans le respect de cette tradition de transmission, tu seras évidemment le bienvenu dans la Sangha.


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