Quand écrire un livre t’amène à fonder une école

École Vedanta français

D’après mon astrologie karmique, je suis destinée à transmettre la « spiritualité » au-delà des frontières. Pour une qui n’aime pas trop la visibilité – « Vivons heureux, vivons cachés » – et qui s’est terrée au milieu d’un bois dans le sud de l’Italie, l’idée n’est pas vraiment réjouissante.

Cependant, je vois bien que ma nature est d’enseigner car, dès que j’enfile ces chaussures-là, tout devient simple, joyeux et tranquille. Et depuis que le Vedanta est entré dans ma vie, le Graal de la spiritualité qui libère « nos pauvres âmes » depuis des millénaires, le partager est une évidence.

Moi qui étais un esprit libre rock’n’roll sans Dieu ni maître, me voilà complètement immergée dans la tradition du Vedanta et déterminée à le disséminer en francophonie. Un projet est alors devenu clair : une série de livres représentant le parcours et l’évolution du chercheur spirituel à travers des textes clés appartenant au corpus scriptuaire du Vedanta.

Mon but était multiple : créer un vrai parcours pour l’élève en quête de moksa (la libération), vulgariser (mon vrai talent) des textes qui peuvent paraître inaccessibles pour certains et créer du contenu intelligent pour mes futurs satsangs.

Cette idée est née en partie à force d’analyser d’autres enseignements sur la scène spirituelle non-duelle. Ça manque de vision chronologique du parcours, de clarté et d’accessibilité. Sans parler de structure et de vérités fondamentales.

D’autre part, mes satsangs actuels sont basés sur le dernier livre de James Swartz « Je suis une conscience ordinaire » (basé sur un texte de Shankara). On y trouve bien un fil conducteur progressif mais… on y ressent aisément l’incroyable cerveau de James, forgé par 56 ans de Vedanta et capable de naviguer dans sa complexité sophistiquée, ce qui peut rendre le livre lourd et ardu.

Alors que moi, j’aime la simplicité efficace. L’idée qui pointe directement là où c’est tordu et demande rectification, sans pour autant faire 3 tours de manège. Je devais donc écrire mes propres commentaires de textes, les 9 livres dont je parle plus haut, dont le premier est Drg Drsya Viveka (l’observateur, l’observé et la discrimination).

J’étais enfin prête à m’y mettre et j’ai écrit la première section : la translitération du sanskrit, afin que le lecteur francophone puisse lire correctement les versets originaux s’il le souhaite.

Ensuite, j’ai « bloqué ». Quelque chose n’allait pas, j’étais comme retenue de l’intérieur. De réflexion en réflexion, aussi bien sur la nature de ce que je souhaite transmettre que sur mon rôle et ce à quoi j’aspire, j’en suis arrivée à une conclusion dont je n’allais pas pouvoir m’échapper : les bases du Vedanta traditionnel en francophonie n’existent pas, il faut les créer avant toute chose. 

Baliser le chemin proprement pour que le chercheur ne s’y perde pas. Le Vedanta, ce ne sont pas juste de beaux textes, c’est un outil et, comme tout outil, s’il n’est pas calibré correctement, il ne fonctionne pas.

Me voici donc avec mon premier livre de la série en pause et un nouveau projet : le glossaire du Vedanta incluant un guide pratique des termes essentiels et les structures fondamentales de ses enseignements. La base.

Tout ceci a créé une vraie transformation intérieure – et ça déménage : je suis passée de « Delphine aime transmettre les enseignements » à « Delphine crée une école du Vedanta traditionnel en francophonie qui doit lui survivre ».

Forte de cette vision – qui me dépasse un peu, je t’avoue – j’ai alors contacté mon maître James et Sundari (sa femme également enseignante). Je voulais profiter de leur retraite fin juin pour les rencontrer et passer du temps avec eux dans un environnement complètement Vedanta. 

Ils m’ont répondu avec enthousiasme et m’ont invitée à séjourner chez eux. J’ai été très touchée puis j’ai souri : Isvara a toujours eu un plan et moi je n’ai rien vu venir ! C’est gros comme un néon de Las Vegas, sans doute des fois que je serais passée à côté, distraite… 

J’espère t’avoir rendu(e) aussi exalté(e) que moi face à ce projet ! Et si tu parles anglais et souhaites participer à la retraite de James et Sundari fin juin, où je serai également présente donc, tu trouveras les infos ici https://shiningworld.com/event/vedanta-in-abruzzo-italy-25th-to-28t-june-2026/

Le texte étudié pendant ces 4 jours n’est autre que son livre « The Essence of Enlightenment » qui retrace le parcours du chercheur spirituel, des qualifications prérequises à l’actualisation de l’esprit. 

Gros comme un néon de Las Vegas, je disais…! 

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